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Hauts de Seine : début de reconquête 

 

Mai 2008

 

1.     Bref aperçu historique

2.     Analyse du résultat des municipales.

3.     Exemples par commune.

3.1.    Levallois.

3.2.    Puteaux.

3.3.    Nanterre.

3.4.    Neuilly.

3.5.    Courbevoie.

3.6.    Asnières.

3.7.    Colombes.

4.     Conclusion.

 

 

 

1.      Bref aperçu historique

Les municipales ont eu lieu en 1965, 1971, 1977, 1983, 1989, 1995, 2001, et 2008 (avec un an de rab).

Les Hauts de Seine sont un nouveau département issu de la réforme de la région parisienne; auparavant, il y avait Paris (sans vrai Conseil Municipal comme actuellement), la Seine et Oise englobant le Val d’Oise, le Val de Marne et la Seine St Denis actuels.

 

 

2.      Analyse du résultat des municipales

Observons les communes suivantes: Levallois, Puteaux, Nanterre, Neuilly/Seine, Courbevoie, Asnières, Colombes.

D’abord, se souvenir qu’en 1945, après la guerre, le PC détient pratiquement toute la” banlieue rouge” qu’il conservera longtemps, avant l’effritement progressif, notamment à partir de 1989. Le Parti Socialiste, SFIO de l’époque, est moins fort, mais assez bien implanté en province, notamment dans le Nord Pas de Calais. Il a une implantation moins concentrée que celle du PC, mais avec de beaux bastions comme Marseille, Clermont-Ferrand, Quimper, Limoges, Besançon, etc..

Dans les Hauts de Seine en 1965, la SFIO détient Suresnes, Puteaux, Clichy, Issy les Moulineaux, et quelques autres. Finalement plus de Mairies que maintenant! Rappelons que sur les 36 communes des Hauts de Seine, nous n’en détenions en 2001 que 3: Clichy, Clamart et Fontenay aux Roses; le scrutin de 2008 nous a fait gagner Asnières et Colombes.

Nous n’avons qu’un seul sénateur sur les 7 du département: Badinter, et zéro député sur 13. On peut incriminer le mode de scrutin et le découpage électoral de Mr PASQUA (Sénateur des hauts de Seine!)

Nous avons 5 Mairies sur 36, ce qui est anormal. Nous avions en 1995 Vanves et Châtenay-Malabry perdues depuis. La population ouvrière a été remplacée par des cadres et des employés du tertiaire, ce qui ne devrait pas être favorable au PC, et devrait avantager le PS. Pourtant, ce n’est pas ce qui se passe. En fait, le PC résiste dans ses fiefs: Bagneux, Malakoff, Nanterre, Gennevilliers, même s’il y a été écrasé aux présidentielles, il s’est refait une santé aux législatives et a fait de bons scores aux municipales, là où le PS pensait le battre.

 

 

3.      Exemples par commune

 

3.1.   Levallois

Longtemps ville communiste, avec un député PC; Pasqua part à l’assaut aux législatives, Balkany emporte la mairie et bouleverse le logement en développant des programmes haut de gamme, fait une politique sécuritaire ( il y avait une bande dite “de Levallois” de 30 personnes qui faisait peur aux gens dans les rues; Balkany frappe à chaque porte de chaque HLM de chaque tour et se présente en futur “shérif”, il rassure); il rase ensuite beaucoup de vieux logements. La gauche socialiste est faible, le PC ne peut plus gagner.

 

3.2.   Puteaux

Longtemps une mairie socialiste typique, avec beaucoup d’usines et une population simple; Dardel, SFIO, maire en 1965, est alors Président du Conseil Général de la Seine, un poste très important. Son adjoint de l’époque, Charles Ceccaldi-Raynaud, le remplace après que Dardel ait un grave accident de voiture. Dans la foulée, Ceccaldi fait un accord avec son ami corse, le Maire de Neuilly Achille Peretti, il adhère à l’UNR devenu UDR, et la mairie est encore aux mains des Ceccaldi en 2008 (version sa fille, qui est suppléante de Sarkozy, lequel ne peut malgré tous ses moyens de Ministre de l’Intérieur, se débarrasser de cette équipe ; et elle est maintenant notre députée de Neuilly Puteaux!), mais il est à noter qu’un inconnu nommé Fromantin s’était présenté aux Législative partielles pour protester contre cette présence et ce non renouvellement.

La population de cadres de Puteaux pourrait voter et devrait voter PS, mais les Putéoliens sont pris dans un clientélisme digne du XIX° siècle, avec bonbons aux enfants qui sont envoyés en colonie de vacances au bout du monde, avec subventions à toutes les associations cultuelles, communautaristes, sportives, etc., toutes les classes d’âge reçoivent quelque chose. Ceccaldi emmenait les vieux sur la tombe de Léon Blum à Jouy-en-Josas! Le PS est affaibli et peu structuré; l’opposition s’est présentée dispersée, et la poigne démagogique de la «famiglia» CECCALDI est efficace. C’est en outre une ville très riche à cause de la taxe professionnelle de la Défense. Il faudrait pour le PS parachuter une “pointure”.

 

3.3.   Nanterre

C’est la préfecture. Mairie PC qui la tient, comme je l’ai dit auparavant. Beaucoup d’immigrés. Une ville agréable et plus calme que sa caricature ne la présente. L’UMP a essayé de parachuter un conseiller de l’Elysée d’origine maghrébine, sans aucun succès. Beaucoup d’entreprises avec la proximité de la Défense. Peu d’évolution politique à attendre. Jacqueline Fraysse, qui fut Maire de Nanterre de 1988 à 2004, a transmis le relais à un homme du PC; elle est députée PC de Nanterre. Elle a été sénatrice de 86 à 97.

 

3.4.   Neuilly

BARY ex UDF devenu UMP a donc pris sa retraite en 2008. L’appareil UMP a perdu la mairie au profit d’un divers droite Fromantin, dont il sera intéressant de suivre l’évolution. Un échec de Sarkozy avec le feuilleton Martinon/Teullé, qu’il essaye de transformer en future revanche avec son fils Jean, élu au Conseil Général. La gauche éliminée et spectatrice doit trouver des moyens nouveaux pour ne pas se faire oublier, et pour recruter.

 

3.5.   Courbevoie

Une ville riche de la Défense, qui se modernise au plan logement et lotissement. Une gauche faible. Le Maire, Jacques Kossowski, est député UMP. Pas de scandales. Une ville où rien ne semble dépasser d’une tête. Peu d’évolution à prévoir. Un peu ville dortoir par ailleurs.

 

3.6.   Asnières

Enfin une vraie victoire, importante! Ville accablée par la présence ininterrompue depuis 1959 de la droite (gaulliste, représentée par Mr Bokanowski, puis par Frantz Taittinger, puis par Mr Manuel Aeschlimann, député UMP, et grand porteur de casseroles). Le nouveau maire, Sébastien Pietrasanta, 30 ans, Conseiller Régional PS d’Ile de France, a réussi, en profitant de la dénonciation des méthodes douteuses et des compromissions financières du maire, de son équipe, et de ses proches, qui scandalisaient largement au delà des milieux de gauche, à diviser la droite en présentant au second tour une liste de “large union” avec le MODEM et certains anciens élus de droite hostiles au maire sortant. Il a gagné grâce au besoin d’hygiène politique qui taraudait les habitants, même s’ils hésitaient à sauter le pas en votant “à gauche” (mon Dieu, quelle horreur!). Asnières, ville qui est riche et comporte beaucoup d’hôtels particuliers, est néanmoins endettée par les frasques honteuses du passé. La Cour des Comptes a publié un rapport gratiné qu’Aeschlimann a essayé jusqu’au bout de masquer et de déformer.

Le charisme de ce jeune maire, son sérieux, sont un gage de longévité; il faut surtout qu’il soit réélu. Sa liste composite doit tenir la distance, et la droite lui en veut à mort. Ils pensaient, comme à Neuilly, que la Ville leur “appartenait “. A suivre avec sympathie.

 

3.7.   Colombes

La fête ne serait pas complète sans Colombes, ville longtemps PC, avec Dominique Frelaut, devenue UMP avec Mme Gouetta, une groupie de Pasqua. Philippe Sarre est le nouveau maire PS; c’est un brillant orateur. Cette ville à tradition et population de gauche, ou du moins populaire, est revenue à la “normale”. Asnières, Colombes et Gennevilliers (PC) font un gros bloc de gauche dans le nord du département des Hauts de Seine (sans compter Argenteuil, ville de plus de 100.000 habitants, limitrophe, dans le Val d’Oise, qui a été gagnée par le PS Philippe Doucet).

 

 

4.      Conclusion

Les espoirs de gain dans le sud du département ont été déçus, à Issy, à Boulogne, à Sèvres, à Châtenay-Malabry, à Bourg-la-Reine, à Montrouge notamment et le Nord se renforce. Il est évident que le PS, qui a un bon score aux présidentielles dans le 92, n’a pas la représentation qu’il mérite au niveau des mairies comme sur le plan des députés et sénateurs. Les postes du Conseil Général sont occupés par des personnalités de l’UMP, comme Devedjian. De même les maires de droite du département, presque tous sarkozystes, contribuent à déséquilibrer encore plus à droite ce véritable fief, où les Corses ont tenu et continuent à tenir un rôle d’influence (Pasqua, Santini, Ceccaldi).

La Gauche doit réclamer un nouveau découpage, engranger ses gains aux futures sénatoriales, et le PS se renforcer notamment en tablant sur ses jeunes élus.

En ce qui concerne Neuilly, nous sommes cernés, et il faudra voir dans quelle mesure nous pourrons profiter de l’intercommunalité qui aura lieu dans les Mairies de Gauche.