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Courbevoie, Levallois,
Neuilly, Puteaux

à quand l'intercommunalité ?
Mai 2008
1.
PORTRAIT GENERAL DE
LA SITUATION DES HAUTS DE SEINE
1.1.
Population
1.2.
Entreprises
1.3.
Impôt sur le revenu
1.4.
Impôt sur la fortune
1.5.
Potentiel fiscal
1.6.
Les comptes des
communes (voir en annexe)
1.7.
Intercommunalité
2. ANNEXES
2.1.
Données générales
2.2.
Comptes des communes
2.3.
Comptes des communes
par habitant
2.4.
Extrait de l'étude réalisée par Carlos Portas
2.5.
Potentiel fiscal des
communes en € par habitant - Département des Hauts-de-Seine
-
« Caractérisées par une population aux revenus plus élevés que la
moyenne, un patrimoine immobilier conséquent et la présence de
nombreuses entreprises, les communes de l’ouest parisien se distinguent
de celle du nord et de l’est, aussi bien dotées en entreprises mais
disposant d’une population moins riche, et de celles, essentiellement
résidentielles, situées au sud de l’agglomération ». L’Insee fait ainsi
le constat de fortes disparités de richesses au cœur de l’agglomération
parisienne.
De
fait, bien que disposant d’un Produit Intérieur Brut par habitant (43
000 €) une fois et demi supérieur à la moyenne nationale (28 000 €),
l’agglomération parisienne fait partie des territoires français les plus
inégalitaires. Le revenu minimum des 10% de la population la plus riche
y est 7 fois supérieur au revenu maximum des 10% de la population la
plus démunie. Cet écart, explique l’Observatoire des inégalités, tient
essentiellement à la concentration en Ile de France des lieux de
décision et des hauts revenus. Il n’est pas sans incidence sur les
différentes politiques pratiquées au niveau communal.
La
création en mars 2008 d’un secrétariat d’Etat chargé du développement de
la « Région Capitale » s’inscrit dans ce contexte. Elle coïncide
avec la publication du rapport sur le « Grand Paris » du sénateur UMP
Philippe Dallier préconisant de fusionner la capitale avec les
départements de la petite couronne : Hauts-de-Seine, Seine Saint Denis
et Val de Marne.
Officiellement, la création, du secrétariat d’Etat confié à Christian
Blanc répond à la volonté de Nicolas Sarkozy de redonner une cohérence à
l’Ile de France. « Retrouver la cohésion, avait-t-il déclaré, en juin
2007, lors de l’inauguration du satellite n°3 de l’aéroport de Roissy,
c’est simplement reconstruire une ville équilibrée à partir d’une
agglomération en voie d’éclatement. L’éclatement, ce sont les familles
qui vont habiter à une heure et demi de voiture parce que le logement
est trop cher. L’éclatement, ce sont ces quartiers qui ne sont reliés au
monde que par un bus qui passe tous les quart d’heure quand il ne se
fait pas caillasser. L’éclatement, ce sont ces artères démesurées qui
libèrent les voitures mais enferment les riverains »
Sur ce dossier (non
dénué d’arrières pensées politiques liées à la géographie électorale
francilienne au niveau communal, départemental et régional), une enquête
réalisée du 14 au 22 avril 2008 par l’AMIF (Association des Maires de l’Ile
de France) apporte un éclairage intéressant.
Selon cette enquête,
près de 8 maires franciliens sur 10
(79%) s’estiment
exclus du débat sur le Grand Paris
et un peu plus de la
moitié d’entre eux (52%) est opposée à la suppression des 3 département
de la petite couronne, proportion qui passe à 82% chez les maires des
Hauts-de-Seine, de la Seine-Saint-Denis et du Val-de-Marne.
Les
avis
sont également
très partagés
en ce qui concerne les limites territoriales du Grand Paris : 21% des
maires ayant répondu à l’enquête évoquent les 29 communes limitrophes de
la capitale tandis que 25% désignent les 123 communes de la petite
couronne. Pour 15%, il ne peut s’agir que d’un périmètre à « géométrie
variable » Pour 14%, toute l’Ile de France est concernée. 5%, enfin,
parlent de Paris et de toutes les communes jusqu’aux villes nouvelles.
Très
diverses sont aussi les opinions exprimées à propos de la structure « la
plus représentative du bassin de vie, d’emploi et d’habitat des
franciliens » : 28% sont en faveur d’une communauté urbaine « sur le
modèle des grandes métropoles régionales comme Lille, Lyon ou
Marseille », 23% pour une nouvelle collectivité territoriale « qui se
substituerait aux départements de la petite couronne tout en conservant
les compétences des communes » et 23%, également, pour le maintien du
système actuel. Toutefois, aucune de ces organisations ne convient aux
maires de la petite couronne qui sont 32% à préconiser « un syndicat
mixte ouvert » et 41% à demander la recherche « d’autres solutions ».
Les
divergences de vue entre la grande et la petite couronne
se retrouvent dans le classement des attributions qui devraient
« impérativement relever de la nouvelle structure » à savoir, par ordre
décroissant,
·
les transports : 64% des réponses dans la grande couronne, 82% dans
la petite,
·
le logement ( 39% et 41%),
·
le développement économique (32% et 5%),
·
l’emploi (16% et 36%),
·
la sécurité (5% et 9%).
La
gestion par la nouvelle structure de la fiscalité locale et des
mécanismes de péréquation financière entre les territoires, recueille,
quant à elle, 58% d’avis favorable dans la grande couronne et 50% dans
la petite.
A
l’occasion des ces premières passe d’armes sur la réorganisation de l’Ile
de France et en attendant de connaître les objectifs et la méthode de
Christian Blanc, il nous a paru utile de dresser un portrait général de
la situation des Hauts de Seine et, plus particulièrement, des quatre
communes de la petite couronne immédiatement à l’ouest de Paris
(Courbevoie, Levallois-Perret, Neuilly-sur-Seine et Puteaux) au travers
de quelques données chiffrées sur la population, les entreprises,
l’impôt sur le revenu, l’impôt sur la fortune, le potentiel fiscal et
les comptes municipaux.
1.1.
Population
Le
département des Hauts-de-Seine (176 km2) comprend 36 communes qui
regroupaient, en 2006, 1 532 000 habitants, soit 8 704 habitants par
km2. Les communes de Courbevoie, Levallois, Neuilly et Puteaux,
représentent moins de 8% de la superficie du département mais, presque
15% de sa population. Leur nombre d’habitants au km2 (près de 17 000)
est deux fois supérieur à la moyenne départementale. En termes de
population, Neuilly se distingue de ses voisines par une proportion de
moins de 20 ans plus faible (21% contre 23%) et une proportion de plus
de 60 ans nettement plus élevée (26% contre 16%). La part des actifs
dans la population totale est de 44% à Neuilly contre 55% à Courbevoie,
Levallois et Puteaux.
L’INSEE recensait, en 2006, un peu plus de 87 000 « établissements »
(unités de production) dans les Hauts-de-Seine dont le quart sur les
communes de Neuilly-sur-Seine (7,6%), Courbevoie (6,5%),
Levallois-Perret (6,4%) et Puteaux (4,9%). Dans ces quatre communes, le
nombre d’emplois salariés est supérieur à celui de la population
résidente, notamment à Courbevoie et Puteaux fortement marquées par le
quartier de La Défense (3 millions de m2 de bureaux, 230 000 m2 de
commerce, 1500 entreprises, 150 000 salariés). Globalement, les 4
communes sont fortement importatrices de main d’œuvre ce qui explique
une bonne part de la saturation de la ligne n°1 du métro (560 000
voyageurs par jour ouvrable) et de l’avenue Charles de Gaulle à Neuilly
qu’empruntent, quotidiennement, 160 000 véhicules. Une saturation qui
risque de s’accroître avec l’adoption du projet Défense 2013 qui
prévoit, notamment, 450 000 m2 supplémentaires de bureaux et un
doublement de la hauteur autorisée des tours (de 200 à 400 mètres).
En matière d’impôt
sur le revenu, Courbevoie, Levallois-Perret, Neuilly-sur-Seine et
Puteaux représentent 17% des ménages imposables des Hauts-de-Seine et
28% du produit départemental de l’impôt. Le niveau moyen acquitté (8545
€) est supérieur de 56% à la moyenne départementale (5468 €). Neuilly
occupe la première place, loin devant les autres communes, avec un impôt
moyen par foyer proche de 20 000 €.
Impôt sur le revenu
2006 - source : Direction Générale des Impôts
|
Communes |
Foyers
Fiscaux
A |
Foyers
Imposables
B |
Revenus
En €
C |
Impôt net
En €
D |
Revenu
Par foyer
C/B en € |
Impôt
Par foyer
D/C en € |
|
Courbevoie |
49 383 |
36 585 |
1 182 236
147 |
171 183
718 |
32 315 |
4 680 |
|
Levallois-Perret |
36 717 |
26 519 |
974 496
019 |
161 921
485 |
36 747 |
6 105 |
|
Neuilly |
33 601 |
26 221 |
2 292 681 520 |
512 155 341 |
87 436 |
19 532 |
|
Puteaux |
25 531 |
17 459 |
494 645
861 |
67 173
084 |
28 331 |
3 847 |
|
Total
4 villes |
145 232 |
106 784 |
4 944 059
547 |
912 433
628 |
46 300 |
8 545 |
|
Total Departement 92 |
868 224 |
597 854 |
21 256 985 233 |
3 269 178
592 |
35 555 |
5 468 |
|
Total France |
35 105
806 |
18 889
473 |
487 434 626 914 |
49 926 615 133 |
25 804 |
2 643 |
En 2006, l’ISF a
rapporté 3,7 milliards d’euros pour un peu plus de 457 000
contribuables. L’Ile-de-France représente près de la moitié du total de
l’impôt et 40% des contribuables concernés. Avec plus de 74 000
redevables, Paris arrive largement en tête du classement. En moyenne, la
valeur des biens imposés y dépasse 2,2 millions d’euros.
Neuilly-sur-Seine est au second rang avec près de 7000 redevables. Le
patrimoine moyen des contribuables imposés y approche les 3 millions
d’euros. D’une manière générale, on retrouve un bon nombre de communes
de l’Ouest parisien dans le classement des foyers imposables à l’ISF.
Courbevoie, Puteaux, Levallois-Perret et Neuilly-sur-Seine en réunissent
10 227 soit 34% du total départemental.
ISF 2006 - Source :
Direction Générale des Impôts
|
Communes |
Nombre
de
redevables |
Patrimoine
moyen en
€ |
Impôt
moyen en
€ |
Redevables en %
Des
foyers imposables |
|
Courbevoie |
1 440 |
1 445 166 |
5 051 |
3,93 % |
|
Puteaux |
397 |
1 493 323 |
5 461 |
2,27 % |
|
Levallois Perret |
1 410 |
1 704 161 |
7 267 |
5,31 % |
|
Neuilly sur Seine |
6 980 |
2 934 623 |
20 456 |
26,62 % |
Le potentiel fiscal
d’une commune correspond au montant des ressources qu’elle pourrait
prélever par le biais de la fiscalité locale si, pour chaque taxe (taxe
d’habitation taxe sur le foncier bâti, taxe sur le foncier non bâti et
taxe professionnelle), elles appliquaient à sa base locale les mêmes
taux d’imposition que ceux appliqués en moyenne au niveau national. Cet
indicateur permet de comparer la richesse respective des communes en
faisant abstraction de leur politique fiscale.
Potentiel fiscal
par habitant en 2005 – source DGI
|
Communes
|
Habitants
|
Potentiel
en € |
IDF = 100
|
|
Moyenne
93 |
35 046 |
887 |
68 |
|
Moyenne
94 |
26 390 |
901 |
69 |
|
Moyenne
générale IDF |
50 501 |
1 294 |
100 |
|
Moyenne
92 |
40 892 |
1 503 |
116 |
|
Paris |
2 147 857 |
1 644 |
127 |
|
Neuilly-sur-Seine |
60 364 |
2 340 |
180 |
|
Levallois-Perret |
54 994 |
2 485 |
192 |
|
Courbevoie |
83 153 |
2 518 |
194 |
|
Puteaux |
40 950 |
4 250 |
328 |
Autour d’une moyenne
régionale située à 1294 €, les potentiels fiscaux les plus faibles sont
observés dans les départements de la Seine Saint Denis (887 €) et du
Val de Marne (901 €). Les potentiels fiscaux des départements des Hauts
de Seine (1503 €) et de Paris (1644 €) dépassent la moyenne régionale,
respectivement, de 16% et 27%. Ce sont néanmoins les quatre communes de
Neuilly-sur-Seine, Levallois Perret, Courbevoie et Puteaux qui se
placent très largement en en tête du classement des communes de la
région Ile de France selon leur potentiel fiscal (voir tableau complet
en annexe).
Les quatre communes
analysées regroupent 226 000 habitant (15% du total départemental) et
22 200 entreprises (25% du total départemental). Dans les deux cas, la
hiérarchie est identique avec par ordre décroissant Courbevoie,
Neuilly-sur-Seine, Levallois-Perret et Puteaux. En matière de fiscalité
locale, les écarts observés par habitant et par entreprise entre les
communes sont imputables à des taux d’imposition différents avec des
maxima à Levallois-Perret (près de 11%, pour la taxe d’habitation, près
de 17% pour la taxe professionnelle) et des minima à Neuilly-sur-Seine
(moins de 5% pour chacune des deux taxes). Plus généralement, les taux
d’imposition des 4 communes sont nettement inférieurs aux moyennes
nationales et aux taux moyens des communes à populations similaires ce
qui explique l’importance de leur « potentiel fiscal » évoquée
précédemment.
En 2006, les budgets
de fonctionnement des 4 communes ont été excédentaires de 13 à 20
millions d’euros, selon les cas. En revanche, hormis à Puteaux, les
emprunts ont représenté une part importante de leurs ressources
d’investissement : 63% à Neuilly-sur-Seine, 43% à Levallois-Perret, 15%
à Courbevoie. Compte tenu des annuités de remboursement de l’exercice
et des exercices antérieurs, les dépenses réelles d’équipement de ces 3
communes n’ont représenté qu’une partie de leurs ressources
d’investissement (emprunts, subventions, réaffectation d’excédents
antérieurs) : 79% à Levallois-Perret, 71% à Courbevoie, 61% à
Neuilly-sur-Seine. Actuellement, l’encours de la dette par habitant est
de 14 € à Puteaux, 408 € à Courbevoie, 864 € à Neuilly-sur-Seine, 4292 €
à Levallois-Perret.
La loi Chevènement
du 12 juillet 1999 a permis aux communes de mettre en commun une partie
de leurs ressources fiscales pour gérer des activités et des services
publics. En 2007, 61% de la population francilienne (hors Paris) était
couverte, par une intercommunalité à fiscalité propre. L’Institut
d’Aménagement et d’Urbanisme de l’Ile de France (AURIF) observe que la
région comble progressivement son retard par rapport à la moyenne
nationale (87% de la population) mais que les disparités entre les
départements franciliens se sont accrues depuis 1999. Dans la grande
couronne, le taux de couverture intercommunale est proche de la moyenne
nationale. Un retard persiste, en revanche dans la petite couronne où
moins de 50% de la population réside dans une commune membre d’une
intercommunalité. Dans cette zone, estime l’AURIF, « la formation de
structures intercommunales se heurte toujours aux polarités parisiennes,
ainsi qu’aux habitudes de gestion spécialisées de grandes fonctions
urbaines (transports, eau, assainissement, ordures ménagères). » Aucun
débat sur ce thème n’a d’ailleurs été engagé durant la période des
élections municipales et il n’en est pas davantage question aujourd’hui
bien que, comme à Neuilly-sur-Seine, certaines équipes municipales aient
été renouvelées.
S’agissant plus
particulièrement des Hauts-de-Seine, la carte de l’intercommunalité, par
ailleurs assez voisine de celle du potentiel fiscal des communes, fait
clairement apparaître deux zones : au sud, celle des arrondissements à
forte intercommunalité d’Antony et de Boulogne Billancourt,
au nord, celles de l’arrondissement de Nanterre à intercommunalité nulle
dans lequel se situent Courbevoie, Levallois-Perret, Neuilly-sur-Seine
et Puteaux. En l’état actuel des choses, rien ne permet de
pronostiquer une relance de la construction intercommunale dans cette
partie des Hauts-de-Seine où, pour reprendre la formule employée par
Nicolas Sarkozy dans son discours de Roissy, « l’intercommunalité crée
des périmètres sans substance réelle ».
-
Taxes communales -
Taux 2006 en %
|
Communes |
Foncier
bâti |
Foncier
non bâti |
Habitation |
Professionnelle |
|
Levallois |
11,31 |
29,99 |
10,99 |
16,93 |
|
Puteaux |
7,93 |
11, 51 |
6,91 |
9,71 |
|
Courbevoie |
4,12 |
7,26 |
5,75 |
7,11 |
|
Neuilly |
2,34 |
3,17 |
4,81 |
4,77 |
|
Moyenne France |
19,11 |
42,13 |
15,96 |
17,87 |
Produit de la taxe
d’habitation et de la taxe professionnelle 2006 en milliers d’€
|
Communes |
Habitants |
Entreprises |
Habitation |
Habitation
€/habitant |
Professionnelle |
Professionnelle
€/entreprise. |
|
Courbevoie |
70 105 |
5 689 |
10 056 |
143 |
38 382 |
6 746 |
|
Neuilly |
60 364 |
6 654 |
12 025 |
199 |
11 680 |
1 755 |
|
Levallois |
| |