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NEUILLY RN 13

Mai 2008
Même
avec un deuxième mandat, l’actuel Président de la République pourrait ne
pas être en situation d’inaugurer une avenue Charles de Gaulle
recouvrant la Nationale 13
La traversée de
Neuilly-sur-Seine par la Nationale 13 ralentit fortement la circulation
routière à l’ouest de Paris et génère d’importantes nuisances pour les
riverains de l’avenue Charles de Gaulle. Au début des années 90, à
l’occasion du prolongement, jusqu’à La Défense, de la ligne 1 du métro,
un tronçon avait été couvert entre le Pont de Neuilly et la rue de l’Eglise.
Par la suite, les études de trafic ont montré que, d’ici 2020, en
l’absence d’aménagements supplémentaires, la situation continuerait de
s’aggraver sur l’avenue elle-même, sur les contre allées et sur les
autres axes du secteur. Pour résoudre cette difficulté, le gouvernement
envisage de prolonger la mise en souterrain de l’avenue Charles de
Gaulle jusqu’au périphérique.
En mai 2006, un
débat sur le projet de couverture de la RN 13 avait réuni autour de
Robert Peylet, Président de la Commission nationale du débat public[1],
Jean Guillot, Directeur départemental de l’équipement, Louis Charles
Bary, Maire de Neuilly-sur-Seine, et les représentant de 7 associations
locales : Bineau-Villiers-Champerret, Maillot-Champerret,
Maillot-Sablons-Madrid, Neuilly-Puteaux- Seine Ecologie, les Verts,
l’Association des résidents de l’Ile de la Jatte et Voierie locale RN
13. Principaux points abordées : la pertinence globale du projet,
l’opportunité de doter le nouvel axe d’entrés ou de sorties à
l’intérieur de Neuilly, les conséquences du report sur les contre-allées
et l’avenue du Roule du trafic de surface propre à la ville, les
nuisances environnementales d’un chantier d’une durée estimée de huit
ans et le financement des travaux.
En octobre 2006,
prenant acte du bilan dressé par la CNDP, le ministre des transports
Dominique Perben donnait son feu vert au projet de couverture de la RN
13 de la porte Maillot au carrefour Madrid, à Neuilly-sur-Seine.
Objectifs visés :
-
Assurer une
liaison routière efficace entre le pont de Neuilly et le boulevard
périphérique de Paris.
-
Libérer, en
surface, l'avenue Charles-de-Gaulle, à Neuilly-sur-Seine, du trafic
de transit sans pénaliser les usagers de la route nationale 13.
-
Couvrir la RN 13
entre le carrefour Madrid et la porte Maillot pour réduire les
nuisances environnementales et rendre possible la réalisation
d'aménagements de surface de qualité.
-
Permettre le
développement des transports collectifs et des modes de déplacement
« doux ».
-
Minimiser
l'impact de la phase de chantier pour les riverains par l’absence de
perturbations dans l’exploitation de la ligne n°1 du métro et la
mise en place, à chaque étape, de plans de circulation comprenant
des itinéraires de délestage de la RN 13 et la réorganisation des
lignes d'autobus
L’Etat, maître
d’ouvrage chargé de la réalisation du projet d’enfouissement a écarté
l’idée de transformer la RN 13 en boulevard urbain avec 4 voies dans
chaque sens et suppression des contre allées comme sur les
Champs-Élysées. Il a, de même, rejeté l’idée d’un tunnel de 5 km à 2x2
voies entre Paris Dauphine et l’A 14, à l’ouest de la Défense.
Le scénario retenu
prévoit de prolonger la mise en en souterrain de la RN 13 (deux sens de
circulation avec 3 voies par sens) jusqu’au périphérique depuis la
couverture « Madrid » (tronçon Pont de Neuilly-rue de l’Eglise. Des
accès au tunnel sont prévus à partir des contre allées pour offrir une
entrée et une sortie dans le sens Paris- la Défense et une entrée dans
le sens la Défense-Paris. La durée escomptée des travaux serait
d’environ 4 ans par sens de circulation. Le coût global du projet
avoisinerait 750 millions d’euros.
Le débat CNDP à
l’origine de la décision Perben n’a, en fait, apporté aucune réponse
précise aux questions qui étaient posées, faute d’un consensus sur la
manière d’aborder les problèmes et le rôle des différents acteurs
publics appelés à les résoudre.
C’est ce que
devaient confirmer les déclarations des différents candidats aux
municipales de mars 2008, tous d’accord sur la nécessité de faire
quelque chose, moins unis sur la seule solution du souterrain, indécis
sur la question de la place respective des transports publics et de
l’automobile et surtout embarrassés par la question du financement. Il
est, en effet, officiel, aujourd’hui, que le projet coûtera au moins 1
milliard d’euros (hors études techniques destinées à finaliser les
modalités de réalisation), ce qui en fait un aménagement parmi les plus
chers de ceux actuellement en cours ou envisagés en région parisienne :
prolongement du tramway 72 jusqu’à Issy-les-Moulineaux (près de 80
millions d’euros), prolongement de la ligne 13 du métro (près de 160
millions d’euros), liaison CDG express Paris Roissy (près de 650
millions d’euros).
A titre de
comparaison, le montant du budget 2008 du conseil général des
Hauts-de-Seine s’élève à 1,7 milliards d’euros, dont 150 millions pour
la voirie départementale et les transports, celui de la région
Ile-de-France à 4,3 milliards d’euros dont 958 millions pour les
transports en commun.
Plus significatif
encore, le projet RN 13 équivaut, à lui seul, au tiers des dépenses
d’amélioration des transports collectifs inscrites au contrat de projet
Etat-Région Ile de France 2007-2013 dont une bonne partie est destinée à
réaliser des travaux non achevés du contrat de projet 2000-2007. En
cause, explique la Fédération Nationale des Associations d’Usagers des
Transports, la sous estimation initiale des coûts, l’augmentation des
prix dans le secteur des travaux publics, la surestimation des recettes
attendues des collectivités, des financements de l’Etat tardant à se
débloquer, l’obstruction par des riverains ou des élus, les
tergiversations des maîtres d'ouvrage (SNCF et RFF en tête).
Alors, qui va payer
pour l’enfouissement de la RN 13 ? C’est la grande question. Parmi les
sources de financement identifiées figurent une contribution des
collectivités publiques concernées : la commune de Neuilly (le projet
équivaut à 15 fois son budget annuel d’investissement), le département
(rien n’est a ce jour budgété par le conseil général des
Hauts-de-Seine), la région Ile de France (son président, Jean Paul
Huchon, n’envisage pas de participer à un projet qui « n’est pas
techniquement au point » et pour lequel « le maire de Neuilly, lui-même,
Jean Christophe Fromantin, ne semble pas très motivé »[2],
l’Etat (les caisses sont vides et un emprunt serait malvenu), un péage
acquitté par les utilisateurs du tunnel (proposition assez incompatible
avec la nécessaire fluidité du trafic).
Resteraient donc les
collectivités autres que les communes, le département et l’Etat et la
mise en place de partenariats public/privé (PPP) comme semblent le
souhaiter Roger Karoutchi, l’actuel secrétaire d’Etat chargé des
relations avec le Parlement, Dominique Busssereau, l’actuel ministre des
transports et Jean Sarkozy, nouveau conseiller général des Hauts de
Seine qui, découvrant que les choses pourraient ne pas aller
conformément à ses ambitions propose l’organisation d’un référendum
auprès des Neuilléens avec comme question « Etes-vous favorable à
l’enfouissement de l’avenue Charles de Gaulle »[3].
Mais, amuser la
galerie de la sorte ne fait pas disparaître le problème de fond du
financement du projet de dénivellation et de couverture de l’avenue
Charles de Gaulle dans ses dimensions recherche d’économie, voire de
solutions alternatives et d’engagement ferme des différents
collectivités concernées, bien au delà de la ville même de Neuilly.
S’agissant des
économies, la question doit être a nouveau posée de l’opportunité
d’accéder au tunnel par les contre allées sachant que 80 % des
véhicules qui empruntent chaque jour l’avenue Charles de Gaulle ne
s’arrêtent pas à Neuilly.
En ce qui concerne
les financements, il est essentiel de savoir, compte tenu des multiples
projets destinés à améliorer les transports en Ile de France, tel celui
du métrophéric (de 4 à 6 milliards d’euros), comment se feront les
arbitrages. Ceci pose, entre autre, la question de la contribution au
projet du pôle d’affaires de la Défense et celle du programme d’action
du nouveau Secrétariat d’Etat chargé du développement de la région
capitale.
Dans le prolongement
immédiat de Neuilly, le quartier d’affaires de la Défense est un élément
majeur du dossier de la RN 13. Il est à l’origine d’une bonne partie des
encombrements constatés sur l’avenue Charles de Gaulle, la ligne A du
RER et la ligne 1 du métropolitain. Des encombrements qui devraient
encore augmenter avec la réalisation en cours du projet Défense 2015 qui
prévoit 450 000 m² de bureaux et 100 000 m² de logements
supplémentaires. A l’horizon 2015, le nombre de salariés travaillant sur
le site passerait de 150 000 à 200 000. Le coût du projet est estimé à
350 millions d’euros et les recettes attendues des investissements
réalisées à 1,2 milliards d’euros.
Une loi du 27
février 2007 a créé un « Etablissement Public de gestion du quartier
d’Affaires de la Défense » administré par le département des
Hauts-de-Seine et par des représentants des communes de Puteaux et
Courbevoie. On comprendrait mal que cet établissement dédié à un
quartier « d’intérêt national » (article 1 de sa loi fondatrice) ne
participe pas au financement du projet d’enfouissement de l’avenue
Charles de Gaulle qui ne peut que conforter le développement du quartier
d’affaires de la Défense au même titre que le prolongement de la ligne E
du RER depuis la gare Saint-Lazare, puis vers la région de
Mantes-la-Jolie.
« La création d’un
Secrétariat d’Etat au Développement de la Région Capitale a pour
objectif de permettre à la France de tenir son rang dans la compétition
des territoires, en faisant de sa capitale un atout décisif dans la
compétition économique du 21ème siècle….
…Vous avez la
responsabilité de définir une vision pour la Région Capitale à l’horizon
2030. ...La vision doit précéder le projet et le projet doit conduire
au choix de l’organisation et de la gouvernance…
…Vous vous
attacherez en particulier à construire pour les grands équipements des
modes de financement innovants tirant le meilleur parti de la valeur
économique qu'ils créent pour leurs utilisateurs et leur environnement
immédiat… »
Extraits de la
lettre de mission de Nicolas Sarkozy à Christian Blanc du 7 mai 2008.
Lors de sa
conférence de presse du 13 mai 2008, Christian Blanc, Secrétaire d’Etat
chargé du développement de la Région Capitale a annoncé le lancement,
vers la fin de l’année 2008, de deux projets « structurants » :
aménagement de la Plaine de France au Nord-est et création d’un pôle
technologique et scientifique d’envergure mondiale sur le plateau de
Saclay.
Mais,
fondamentalement, la première intervention publique du nouveau
Secrétaire d’Etat a surtout été marquée par l’annonce d’un calendrier
prévisionnel avec présentation, fin 2009, d’un projet global pour
l’avenir de la région capitale.
La question cruciale
du mode de financement des projets existant et à venir, notamment celui
de la RN13, devrait donc rester sans réponse pendant au moins encore un
an. On comprend mieux, dans ces conditions, la prudence de Jean
Christophe Fromantin, le nouveau Maire de Neuilly à propos du dossier de
l’avenue Charles de Gaulle et de la construction de tours de grande
hauteur à l’entrée du Pont de Neuilly pour financer les travaux.
7.1
Ile de France, Contrat de projet Etat-Région 2007-2013
En millions d’euros
|
ACTIONS |
Région |
Etat |
Total |
|
Agir sur
le chômage |
78 |
49 |
127 |
|
Cohésion
sociale |
28 |
28 |
56 |
|
Attractivité |
313 |
206 |
519 |
|
Enseignement sup. |
589 |
625 |
1 214 |
|
Recherche |
100 |
100 |
200 |
|
Sport |
30 |
30 |
60 |
|
Culture |
30 |
33 |
63 |
|
Pôles de
compétitivité |
28 |
10 |
38 |
|
Transports collectifs |
2 063 |
874 |
2 937 |
|
Agriculture et forêt |
27 |
17 |
44 |
|
Changement climat |
72 |
25 |
97 |
|
Environnement |
66 |
43 |
109 |
|
TOTAL |
3 424 |
2 040 |
5 464 |
7.2
Ile de France, Transports collectifs et opérations fret
En millions d’euros
|
Opérations |
Etat |
Région |
Total |
|
1 |
113 |
177.50 |
290.50 |
|
2 |
392 |
1066.70 |
1458.70 |
|
3 |
140 |
318.80 |
458.80 |
|
4 |
121 |
279 |
400 |
|
5 |
36 |
46 |
82 |
|
6 |
72 |
175 |
247 |
|
TOTAL |
874 |
2 063 |
2 937 |
1.
Modernisation du réseau existant, RER notamment
2.
Engagement des travaux de 16 opérations
3.
Mise en œuvre des 2ème phase opérations lourdes
4.
Etudes et premiers travaux d’opérations de transports en commun
5.
opérations interrégionales
6.
opérations fret fluviales et ferroviaires
[1]
La Commission nationale du débat public avait était saisie par
Dominique Perben, ministre de l’équipement en charge du projet
de dénivellation et de couverture de la RN 13.
[2]
Le journal
du Dimanche du 16 mai 2008
[3]
Hauts-de-Seine Matin du 13 mai 2008
Commentaires
Le 27 mai 2008
Alexis
Outre
le problème majeur du prix, je pense que la durée du chantier
pose aussi problème.
Dans notre société de l’instant, le long
terme n’intéresse pas les politiques.
Il leur faut des résultats immédiats car
les échéances électorales arrivent vite… et 8 ans de chantier
c’est long !
Chacun essaye donc de montrer sa bonne
volonté mais sans plus.
En tout cas ce dossier est très
intéressant.
Merci beaucoup.
PS : Le coup du sondage est complètement
démagogique
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