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Rapport Balladur, le
mille-feuille administratif en question

Mai 2009 - MF
Le rapport du comité Balladur sur la réforme des
collectivités locale comporte 20 propositions tendant à modifier en
profondeur l’organisation administrative du territoire français. De
fait, cette organisation est extrêmement complexe : plus de 5
millions d’agents, 200 milliards d’euros de budget, 591 organismes
régionaux et départementaux, 65 000 organismes communaux et
intercommunaux, 16 000 organismes divers soit, au total plus
de 80 000 entités. Commentant cette situation, le comité Balladur
pointe l’enchevêtrement des compétences dont découle, en
particulier, la possibilité, pour un même projet, d’être financé par
plusieurs collectivités locales et parfois aussi par l’Etat.
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ORGANISMES |
Nombre |
|
Organismes régionaux et départementaux
Régions
Départements
Etablissements publics départementaux
Autres |
591
26
101
269
195 |
|
Organismes communaux et intercommunaux
Communes
Centres
communaux d’action sociale (CCAS)
Caisses
des écoles
Syndicats de communes
Communautés de communes
Autres
|
65 407
36 680
7
295
1
231
17 413
2
201
587 |
|
Autres organismes
Associations syndicales autorisées
Autres |
15 847
14 924
923 |
|
TOTAL |
81 845 |
Source INSEE
Les dépenses des collectivités locales ont représenté 200
milliards d’euros en 2007. Par rapport à 1980, elles ont augmenté
deux fois plus vite que la richesse nationale (150 % en volume
contre 75 %) et leur part dans le PIB a progressé de trois points
pour atteindre 11, 2 %. Cette hausse, toutefois, est en partie
imputable au transfert aux collectivités locales de compétences
nouvelles. A champ constant, la progression sur la période n’est que
de 1,8 point de PIB en raison, essentiellement, de l’accroissement
des effectifs des communes et, surtout, des groupements de communes.
5,3 millions de
personnes travaillent dans la fonction publique au sens strict du
terme (fonctionnaires soumis aux règles du droit public) soit, en
termes de population active, 1 Français sur 5. Cette proportion
passe à 1 sur 4 si l’on prend en compte les effectifs des
établissements à financement public prédominant (établissements
d’enseignements privés sous contrat, par exemple) et ceux des
entreprises détenues totalement ou partiellement par l’Etat telles
la SNCF, la RATP ou La Poste.
Population active en milliers au 31/12/2005
|
Fonction publique (y compris emplois aidés)
Autres
organismes publics
Organismes privés à financement public prédominant
Entreprises publiques
Total des
emplois publics |
5 305
138
710
712
6 865 |
|
Emplois
privés |
18 005 |
|
Emploi total |
24
870 |
Source :
Direction générale de l’administration et de la fonction publique
TYPOLOGIE DES EFFECTIFS
Depuis 1994, le
nombre des fonctionnaires augmente un peu plus rapidement que
l’emploi salarié total (1,4 % contre 1,1 % en moyenne annuelle)
en conséquence d’une double évolution : stabilisation des
effectifs de la fonction publique d’Etat (ministères
principalement) et augmentation au rythme de 2,5 l’an de ceux de
la fonction territoriale. Il se répartit à 49 % dans la fonction
publique d’Etat (ministères préfectures, rectorats…), 32 % dans
la fonction territoriale (régions, départements communes,
établissements publics administratifs) et 19 % dans la fonction
hospitalière (hôpitaux et maisons de retraites).
Les femmes représentent 59 % des agents. Elles
occupent plus souvent que les hommes des emplois à temps
partiels : une femme sur cinq dans la fonction publique civile
de l’Etat contre moins d’un homme sur dix ; 38 % d’entre elles
dans la fonction publique territoriale contre seulement 9 % des
hommes.
Plus de la moitié des lauréats aux concours de la
fonction publique sont recrutés avec un diplôme supérieur à
celui théoriquement exigé aussi bien dans la fonction publique
d’Etat que dans la territoriale.
Au 31 décembre 2007, les 2,3 millions de pensionnés
des trois fonctions publiques ont perçu une pension moyenne de
1622 euros par mois (âge moyen des nouveaux pensionnés : 59
ans).
En 2006, les agents de la fonction publique d’Etat ont
perçu un salaire mensuel net de 2182 euros contre 1669 euros
pour ceux de la fonction publique territoriale et 2099 euros
pour ceux de la fonction publique hospitalière.
En 2007, les dépenses de personnel de l’Etat ont
représenté 120 milliards d’euros soit 45 % du budget total (270
milliards d’euros).
Près de 4 milliards d’euros ont été dépensés par les
ministères pour la formation des agents (dont 2,3 milliards
d’euros à l’Education nationale) soit 6,6 % de la masse
salariale.
Source :
Ministère du budget, des comptes publics et de la fonction
publique
Trop de niveaux d’administration territoriale et trop de
collectivités locales, maîtrise imparfaite de la dépense publique
locale en raison notamment des excès des financements croisés,
enchevêtrement des compétences, vieillissement de la fiscalité
directe locale, insuffisance de la démocratie locale dans la mesure
où les vraies décisions sont de plus en plus prises au sein des EPCI
dont les responsables ne procèdent pas du suffrage direct, absence
de prise en compte de la diversité des situations sur l’ensemble du
territoire national…
Les critiques adressées à notre système d’administration
locale par le comité Balladur au terme des investigations sont
nombreuses. De là 20 propositions (voir tableau ci-dessous) qui,
pour l’essentiel, s’organisent autour de cinq grands thèmes :
·
Développement des intercommunalités au delà de la gestion
partagée des services de proximité pouvant aller jusqu’à leur
transformation en communes de plein exercice.
·
Fusion sur une base volontaire de départements et de régions.
·
Désignation de conseillers communs aux départements et aux
régions.
·
Création par fusion des collectivités existantes, de
« métropoles » investies de toutes les compétences communales,
intercommunales et départementales : Lyon, Lille, Marseille,
Bordeaux, Toulouse, Nantes, Nice, Strasbourg, Rouen, Toulon,
Rennes.
·
Création du Grand Paris.
Sur tous ces points, le projet de loi que Le Premier ministre
est chargé d’élaborer d’ici l’été pour transmission au Parlement à
la rentrée cristallisera les positions des uns et des autres car les
remises en cause sont fortes. Les débats promettent donc d’être
rudes ce qui pourrait alourdir plus encore un climat politique déjà
très tendu par la crise économique et la montée du chômage. Par
ailleurs, autre sujet de discorde, il n’est pas exclu qu’à cette
occasion la question du cumul des mandats soit à nouveau posée.
1) Favoriser le
regroupement volontaire des régions pour en réduire le nombre à une
quinzaine.
2) Favoriser le
regroupement volontaire de départements par des dispositions
législatives de même nature que pour les régions.
3) Désigner au scrutin
de liste par une même élection, à partir de 2014, les conseillers
régionaux et départementaux et, en conséquence, supprimer les cantons.
4) Achever, avant 2014,
la carte de l’intercommunalité.
5) Rationaliser avant
2014, la carte des syndicats de communes.
6) Ne plus créer de
nouveaux « pays » au sens de la loi du 4 février 1995.
7) Election au suffrage
universel direct des organes délibérants des EPCI à fiscalité propre, en
même temps et sur une même liste que les conseillers municipaux.
8) Créer par la loi onze
premières métropoles, à compter de 2014, d’autres intercommunalités
pouvant ensuite, sur la base du volontariat, accéder à ce statut.
9) Permettre aux
intercommunalités de se transformer en communes nouvelles en
redéployant, en leur faveur, les aides à l’intégration des communes.
10) Réduire d’un tiers
les effectifs maximaux des exécutifs intercommunaux.
11) Confirmer la clause
de compétence générale au niveau communal et spécialiser les compétences
des départements et des régions.
12) Clarifier la
répartition des compétences entre les collectivités locales et entre
celles-ci et l’Etat.
13) Tirer toutes les
conséquences des lois de décentralisation, de telle sorte que les
services ou parties de services déconcentrés de l’Etat qui interviennent
dans le champ de compétences des collectivités locales soient supprimés.
14) Définir, dans le
cadre d’un débat annuel au Parlement, un objectif annuel d’évolution de
la dépense publique locale.
15) Réviser les bases
foncières des impôts directs locaux et prévoir leur réactualisation tous
les six ans.
16) Compenser
intégralement la suppression de la taxe professionnelle par un autre
mode de taxation de l’activité économique, fondé notamment sur les
valeurs locatives réévaluées et la valeur ajoutée des entreprises.
17) Limiter les cumuls
d’impôts sur une même assiette d’imposition.
18) Créer, en 2014,une
collectivité locale à statut particulier dénommée « Grand Paris » sur le
territoire de Paris et des départements de la Seine-Saint-Denis, du
Val-de-Marne et des Hauts-de-Seine, après consultation des collectivités
locales intéressées, des partenaires sociaux et des forces économiques.
19) Modifier certaines
dispositions du mode de scrutin actuel pour la désignation des membres
de l’assemblée de Corse.
20) Instaurer une
assemblée unique dans départements et régions d’outre-mer. |
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