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Discours de Lucienne Buton prononcé lors de la réunion
du 10 avril 2008 
Chers camarades,
J’ai souhaité intervenir au début de cette réunion pour vous présenter
brièvement les conclusions que je tire de mes mandats successifs au
conseil municipal de Neuilly et des élections municipales et cantonales
de mars dernier.
Pendant un quart de siècle, il y a eu, à Neuilly-sur-Seine, une
opposition au conseil municipal incarnée par la gauche PS et la gauche
plurielle. N’étant pas seule à la représenter, je voudrais, d’abord,
rendre hommage a ceux qui ont toujours été à mes cotés :
1er
mandat : Jacques Loux
2ème
mandat : Jacques Boyer
3ème
mandat : Etienne Kling
4ème
mandat : Etienne Kling et Thierry Hubert (Vert)
Je n’oublie pas, non plus, les secrétaires de notre section et,
finalement, les nombreux militants qui ont soutenu notre action.
Tous étaient conscients de la nécessité d’une véritable opposition au
sein du conseil municipal et de la pertinence des problèmes qu’elle
soulevait pour que Neuilly devienne plus équilibrée, plus humaine, plus
ouverte à toutes les catégories de sa population, y compris les
oubliées d’une droite majoritaire, unilatérale dans ses choix et opaque
dans sa manière de gérer.
Mais, aujourd’hui, nous ne sommes plus représentés au conseil
municipal. Cela signifie-t-il qu’il n’y a plus de problèmes à
Neuilly sur Seine ? … Évidemment non !
Les catégories sociales que nous avons vocation à défendre sont elles
désormais satisfaites ? …Évidemment non !
Les problèmes que nous soulevions sont-t-ils tous résolus ?
…Évidemment non !
Neuilly a-t-elle besoin d’une force d’opposition ? …Évidemment oui
!
Certes, durant ces années, nous avons obtenu quelques avancées. Mais,
la majorité du conseil municipal s’est généralement opposé à nos
propositions. Il reste donc beaucoup à faire dans, au moins, six
domaines :
Le logement social, pour lequel notre ville se situe au dernier rang du
département des Hauts-de-Seine.
Les personnes en difficultés, notamment, les personnes âgées,
La petite enfance,
L’aménagement de la ville, la circulation et les transports,
La culture et les loisirs qui devraient être accessibles à tous.
La transparence de la gestion municipale concernant les orientations
budgétaires, les relations de la Mairie avec les sociétés qu’elle
contrôle et avec lesquelles des marchés sont passés.
Des actions à conduire qui s’inscrivent, désormais, dans un nouveau
contexte. En effet, contrairement à la période antérieure, il n’y a
plus d’opposition au Conseil Municipal puisque Messieurs Fromantin et
Teullé appartiennent à la même famille politique, celle de la droite au
pouvoir à Neuilly depuis des décennies.
Pour autant, gardons nous des procès d’intention. Laissons Monsieur
Fromantin bénéficier de la confiance normalement accordée à tout
nouvel élu dans les premières semaines de son mandat. C’est à ses actes
que nous devons le juger et sans doute serons-nous très rapidement
fixés. D’ici là, ne baissons pas la garde et sachons tirer du passé des
enseignements pour l’avenir.
Au niveau national, les élections municipales et cantonales de
mars 2008 ont permis de tordre le cou aux deux contre vérités
constamment répétées depuis, mai 2007, par la majorité
présidentielle :
La première selon laquelle il n’y aurait plus d’opposition en France
et, notamment, plus de parti socialiste.
La seconde selon laquelle il ne faudrait pas confondre les grands
enjeux des présidentielles que seule la droite serait en mesure de
relever et les petites problématiques locales sans conséquences qui
feraient le bonheur de la gauche.
La fausseté de ces propositions est apparue en pleine lumière comme
l’ont montré, pendant la campagne, les actions de l’UMP tendant à
« nationaliser » les élections et, à l’issue des deux tours, les
commentaires de ses représentants. De ce point de vue, notre échec à
Neuilly ne doit être ni exagéré, ni minimisé.
Je crois que nous ne pouvions pas vraiment gagner ces élections, pour
plusieurs raisons :
Le parachutage de David Martinon par Nicolas Sarkozy
La pagaille qui s’en est suivie.
La multiplication des listes de droite.
L’exaspération des habitants de Neuilly.
Le soutien apporté par l’UMP à Jean Christophe Fromantin.
La focalisation des médias sur deux candidats seulement, sans référence
à leurs programmes et dans l’occultation quasi totale de tous les
autres.
La campagne de nos adversaires de droite n’a pas suscité de débats sur
leur programme. Et pourtant, des sommes considérables ont été dépensées
en communication. Les moyens financiers et médiatiques déployés ont été
au-delà de l’imaginable.
Sans doute étions-nous les seuls vrais militants politiques de cette
ville au service d’un véritable programme. Hélas ! Seul un petit
nombre d’entre nous a porté nos couleurs sur un terrain où nos
concurrents étaient à la fois nombreux et actifs.
Nous devons collectivement assumer ces manquements et leurs
conséquences et en tirer les enseignements pour pouvoir regagner,
demain, les parts de marché électorales et politiques que nous avons
perdu hier. C’est à notre portée, j’en suis convaincue.
Nos résultats sont décevants mais pas déshonorants, qu’il s’agisse des
municipales où, malgré les difficultés du contexte, nous avons faits
près de 8 %, ou des cantonales où, notre candidate, Marie Brannens, a
fait plus de 13 %.
Tout comptes faits, nous restons la deuxième force politique à
Neuilly-sur-Seine puisqu’on ne saurait différencier, dans ce domaine,
Neuilly Ma Ville de Fidèle à Neuilly.
Les chiffres que je viens de rappeler sont un encouragement à
poursuivre notre action. Ils expriment la confiance d’un électorat
fidèle aux idées que nous incarnons, dans le même esprit que celui qui
a prévalu au niveau national évoqué tout à l’heure.
Encore faut-t-il nous donner les moyens de répondre à cette confiance
qui me parait exiger, des débats d’idées, des propositions d’action,
une politique d’adhésions, la définition d’axes et de moyens de
communication, une coopération avec nos amis des communes limitrophes
de Puteaux, Levallois et Courbevoie, bien d’autres choses encore, sans
doute, à imaginer ensemble.
Mais il y a urgence !
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